Publié le 27 Juin 2025

À Paris, la crise du logement pourrait franchir un nouveau cap en 2025. En cause : les difficultés rencontrées par le dispositif MaPrimeRénov’, censé accompagner la rénovation thermique des logements. Jacques Baudrier, adjoint au logement à la mairie de Paris, alerte : le nombre de logements retirés du marché locatif pourrait atteindre 15 000 cette année, contre 8 000 en 2024. Une hausse brutale, alors même que la capitale compte déjà près de 290 000 logements inoccupés.
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE sont interdits à la location, une mesure qui sera étendue aux logements classés F en 2028, et aux E en 2034. Cette contrainte, combinée aux lenteurs et aux restrictions budgétaires du programme MaPrimeRénov’, pousse de nombreux propriétaires à laisser leur logement vide, à le vendre ou à le convertir en résidence secondaire.
Le dispositif MaPrimeRénov’ a connu une dynamique record début 2025, avec trois fois plus de rénovations d’ampleur qu’en 2024. Mais cette accélération s’est heurtée à des obstacles majeurs : réduction du budget, dossiers frauduleux, instabilité politique, et délais de traitement allongés à cause d’un renforcement des contrôles antifraude. Face à cette impasse, des élus locaux comme Jacques Baudrier ou Suzanne Brolly (à Strasbourg) demandent un renforcement des financements – estimé à 2 milliards d’euros – et une fiscalité locale plus dissuasive sur les logements vacants et résidences secondaires. Des exemples à l’international, comme Vancouver, où une taxe de 4 % sur les logements inoccupés a permis une baisse de 54 % de leur nombre, servent de modèle. À l’heure où la France vise 900 000 rénovations par an d’ici 2030, le décrochage de MaPrimeRénov’ menace de compromettre à la fois la transition énergétique et l’accès au logement dans les zones déjà tendues.