Publié le 21 Juillet 2025

Les catastrophes naturelles liées au changement climatique se multiplient et mettent à l’épreuve notre système actuel d’assurance et de prévention. De nouvelles questions se soulèvent : qui doit assumer le coût croissant des dommages ? Faut-il renforcer la solidarité collective ou laisser au marché le soin de gérer ces risques ? Le Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan apporte des éléments de réponse dans un rapport récent, après deux ans de travail interdisciplinaire. Actuellement, le système français est fondé sur le régime « Cat Nat », qui associe l’assurance habitation privée à une garantie étatique. Il se veut solidaire, mais ses limites sont de plus en plus visibles : indemnisation partielle, non-couverture de certains risques comme le recul du trait de côte, ou encore une forte inégalité d’accès à l’assurance, notamment en Outre-mer.
Les projections climatiques pour les 25 prochaines années remettent en question la viabilité environnementale, financière et sociale du système. Le coût moyen annuel des catastrophes naturelles est désormais estimé entre 4 et 4,5 milliards d’euros, et est en forte hausse par rapport aux décennies précédentes. La sécheresse de 2022 à elle seule a coûté jusqu’à 3,5 milliards. Le rapport propose alors trois scénarios de réforme. Le premier conserve le modèle actuel avec un rôle de régulateur accru pour l’État. Le second généralise la réassurance publique, notamment pour la sécheresse, tout en renforçant les politiques d’adaptation. Le troisième envisage une socialisation complète des risques climatiques, avec un système universel d’indemnisation financé par des cotisations, à la manière de la Sécurité sociale. Ces différentes propositions et ce travail de fond soulèvent une question importante : la prise en charge de la facture privative doit-elle être privée ou collective ?